La protection des femmes défenseures des droits humains face à la violence numérique en Afrique

Table officielle du panel du Vance Center et du RFLD sur la violence numérique faite aux femmes défenseures, hôtel Fleur de Lys, Dakar

Enseignements du panel Vance Center et RFLD tenu en marge de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Dakar, octobre 2026)

Adandé Barthélémy OTOLORIN1, 2

1 Institut du Cadre de Vie (ICAV), Université d’Abomey-Calavi, Bénin
2 ONG Environnement et Actions Humanitaires pour le Bien-Être (EAH Bien-Être), Adjarra, Bénin
Contact : adandeotolorin@gmail.com

Résumé

La présente contribution analyse les échanges du panel organisé le 15 octobre 2026 à Dakar par le Cyrus R. Vance Center for International Justice et le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), en marge de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Elle croise l’observation directe des débats avec une revue documentaire des études africaines publiées depuis 2020 et des instruments régionaux applicables. Les résultats montrent que la violence numérique touche près de trois femmes connectées sur dix dans les pays étudiés, qu’elle frappe plus durement les femmes engagées dans la vie publique et qu’elle conduit une partie des victimes à se retirer de l’espace en ligne. Le système africain dispose d’un socle normatif réel, dominé par la Résolution 522 de la CADHP, mais sa transposition reste inégale, comme l’illustre le cas du Bénin. L’article conclut à la nécessité d’un cadre régional dédié, articulé autour d’un réseau d’alerte, d’une remontée structurée des cas vers les mécanismes de la Commission et d’une base de données comparatives.

Mots-clés : violence numérique, femmes défenseures, CADHP, protection régionale, Bénin.

Abstract

This paper examines the panel held in Dakar on 15 October 2026 by the Cyrus R. Vance Center for International Justice and the Network of Women Leaders for Development (RFLD), alongside the 89th Ordinary Session of the African Commission on Human and Peoples’ Rights (ACHPR). It combines direct observation of the discussions with a review of African studies published since 2020 and of the relevant regional instruments. Findings show that online violence affects nearly three in ten connected women in the countries surveyed, hits women in public life harder, and leads some victims to withdraw from online spaces. The African human rights system offers a substantial normative basis, led by ACHPR Resolution 522, yet domestic implementation remains uneven, as the case of Benin shows. The paper argues for a dedicated regional framework built on an alert network, structured referral of cases to the Commission’s mechanisms and a comparative evidence base.

Keywords : online violence, women human rights defenders, ACHPR, regional protection, Benin.

INTRODUCTION

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a ouvert sa 89e session ordinaire le 12 octobre 2026 à Dakar. Les travaux publics se tiennent jusqu’au 21 octobre, Journée africaine des droits de l’homme, et réunissent plus de 1 400 délégués (CADHP, 2026 ; Dakaractu, 2026). La session coïncide avec le quarantième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le 21 octobre 1986.

En marge des travaux officiels, le Cyrus R. Vance Center for International Justice, programme international de l’Association du barreau de la ville de New York engagé en Afrique en faveur des droits des femmes et de l’accès à la justice, et le RFLD ont réuni, le jeudi 15 octobre 2026, dans la salle de conférence de l’hôtel Fleur de Lys, des commissaires, des experts et des militantes de plusieurs pays du continent. L’objectif était de partager l’expérience du Vance Center dans la construction d’un cadre régional consacré aux femmes et aux filles, afin qu’elles soient en mesure de défendre leurs droits quel que soit le lieu où elles se trouvent.

La question posée est la suivante : comment protéger efficacement les femmes défenseures des droits humains lorsque l’espace numérique, devenu indispensable à leur action, devient aussi le principal vecteur des atteintes qu’elles subissent ? L’hypothèse retenue est que l’insuffisance de la protection tient moins à l’absence de normes qu’à leur faible appropriation par les États et à l’absence de dispositif régional opérationnel. L’article présente d’abord la démarche suivie, puis les résultats tirés des débats et de la littérature, avant de discuter les mesures de prévention adaptées au contexte africain.

1. DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE

L’étude repose sur deux sources complémentaires. La première est l’observation directe du panel du 15 octobre 2026, à laquelle l’auteur a pris part au sein de la délégation béninoise. Les interventions ont fait l’objet d’une prise de notes systématique, puis d’un classement par thème : responsabilité de l’État, formes de violence, situation nationale et pistes de protection.

La seconde source est une revue documentaire portant sur les enquêtes africaines consacrées à la violence en ligne contre les femmes, publiées entre 2020 et 2024, ainsi que sur les instruments du système africain des droits de l’homme. Les données retenues ont été vérifiées sur les publications d’origine ou sur les sites institutionnels des organes concernés. Cette démarche présente une limite : faute d’enquête de prévalence propre au Bénin, la situation béninoise est appréciée à partir des textes en vigueur, des rapports d’organisations de la société civile et des éléments présentés par Dr Sandrine CHIKOU lors du panel.

2. RÉSULTATS

2.1. Une violence documentée, d’ampleur continentale

Les intervenants ont souligné que, sur ce sujet, les statistiques constituent le premier argument du plaidoyer. Les principales études menées sur le continent depuis 2020 convergent : la violence numérique facilitée par la technologie, entendue comme tout acte commis ou amplifié au moyen des outils numériques qui cause un préjudice physique, sexuel, psychologique ou économique en raison du genre, atteint une part importante des femmes connectées et frappe plus durement celles qui prennent la parole en public. Le tableau 1 en présente une synthèse.

Tableau 1 : Principales données sur la violence en ligne visant les femmes en Afrique

ÉtudePopulation enquêtéePrincipaux résultats
Alternate Realities, Alternate Internets (Iyer et al., 2020)Environ 3 000 femmes de 18 à 65 ans, cinq pays28 % ont subi une forme de violence en ligne ; 61,7 % des victimes déclarent un stress ou une anxiété
Même étude, comportements des victimesFemmes victimes71,2 % des incidents sur Facebook ; 14,5 % ont désactivé leur compte et 12,2 % ont cessé d’utiliser Internet
Même étude, volet ougandaisFemmes ougandaises95 % ignoraient l’existence de textes les protégeant contre la violence en ligne
UIP et UPA (2021)224 parlementaires et membres du personnel, 50 pays80 % des parlementaires ont subi des violences psychologiques, dont une part importante par Internet et les réseaux sociaux
The Economist Intelligence Unit (2021)Femmes de 51 pays38 % ont été personnellement victimes ; 85 % ont été témoins de violences en ligne visant d’autres femmes
The Chilling (Posetti et al., 2021)Femmes journalistes, enquête mondiale73 % déclarent avoir subi des violences en ligne dans l’exercice de leur métier

Source : compilation de l’auteur à partir d’Iyer et al. (2020), UIP et UPA (2021), The Economist Intelligence Unit (2021), ONU Femmes (2022) et Posetti et al. (2021).

Trois constats s’en dégagent. Le premier concerne l’ampleur du phénomène : près d’une femme connectée sur trois est touchée dans les pays étudiés, et la proportion augmente nettement chez les femmes exerçant une fonction publique. Le deuxième tient à l’effet de silence : environ une victime sur quatre réduit ou abandonne sa présence en ligne, ce qui diminue d’autant sa capacité à défendre ses droits. Le troisième touche à l’impunité, puisque la plupart des femmes ignorent les textes qui les protègent et que les autorités tendent à banaliser ces violences en reportant la faute sur la victime (Iyer et al., 2020).

Le Sénégal, pays hôte de la session, figure dans l’échantillon de l’étude de Pollicy (Iyer et al., 2020). Le Bénin ne dispose pas encore d’enquête comparable, lacune que les organisations présentes ont demandé de combler.

Photo 1 : Table officielle du panel Vance Center – RFLD, hôtel Fleur de Lys, Dakar

Table officielle du panel du Vance Center et du RFLD sur la violence numérique faite aux femmes défenseures, hôtel Fleur de Lys, Dakar

Source : mission EAH Bien-Être, Dakar, 15 octobre 2026.

2.2. Les positions des mécanismes spéciaux de la CADHP

2.2.1. Le Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme

Premier intervenant après la cérémonie d’ouverture, l’Honorable Commissaire Rémy Ngoy Lumbu, Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme et Point focal sur les représailles en Afrique, a relevé un paradoxe. Les organisations ne peuvent plus guère défendre les droits des femmes sans recourir aux plateformes numériques, alors même que ces plateformes exposent la vie privée des militantes. Lorsque cette exposition est délibérée, par la publication d’adresses, de photographies ou de numéros de téléphone, elle constitue en soi une violation de droits.

Le Rapporteur spécial a invité à la plus grande prudence dans le travail en ligne, tout en rappelant que la responsabilité première incombe à l’État. Celui-ci a le devoir de sécuriser Internet afin de garantir les droits des femmes et de leur permettre d’agir en faveur de l’égalité de genre sans crainte de représailles. Cette position rejoint son mandat : la femme qui dénonce une violation ou témoigne devant un mécanisme régional s’expose de plus en plus à des représailles numériques, sous forme de campagnes de dénigrement, de menaces ou de surveillance (CADHP, 2025). Sur le plan individuel, il a recommandé aux femmes engagées de disposer de deux numéros de téléphone, l’un professionnel et l’autre privé, et d’éviter de rester connectées en permanence.

2.2.2. La Rapporteure spéciale sur les droits des femmes en Afrique

La Commissaire Janet Ramatoulie Sallah-Njie, juriste gambienne et Rapporteure spéciale sur les droits des femmes en Afrique, a ensuite analysé les manifestations de la violence basée sur le genre facilitée par la technologie. Son mandat, renouvelé en novembre 2024, compte la violence numérique parmi ses priorités de plaidoyer (CADHP, 2024a). Son propos s’est appuyé sur l’examen des rapports périodiques des États, qui a révélé des lacunes récurrentes et conduit les rapporteurs à préconiser des mécanismes de protection appropriés.

Les formes les plus documentées sur le continent sont le cyber-harcèlement assorti de menaces de violences sexuelles, la diffusion non consentie d’images intimes et le chantage qui l’accompagne, la divulgation de données personnelles destinée à intimider, la désinformation misogyne et les discours de haine sexistes, ainsi que la surveillance exercée par un partenaire ou un ancien partenaire. La Commissaire a qualifié la technologie de couteau à double tranchant : elle permet de documenter, de mobiliser et d’alerter rapidement, mais procure aux agresseurs l’anonymat, la viralité et une portée transfrontalière. Elle a enfin rappelé qu’un comité d’experts avait consacré une séance de travail à cette question la veille, le 14 octobre 2026.

Photos 2 et 3 : Interventions des Commissaires Rémy Ngoy Lumbu et Janet Ramatoulie Sallah-Njie

Intervention à la table officielle du panel sur la violence numérique faite aux femmes défenseures, Dakar, 15 octobre 2026
Intervention à la table officielle du panel sur la violence numérique faite aux femmes défenseures, Dakar, 15 octobre 2026

Source : mission EAH Bien-Être, Dakar, 15 octobre 2026.

2.3. Le cas du Bénin

Représentante du RFLD, Dr Sandrine Chikou a prolongé le débat en examinant la situation béninoise à partir de plusieurs exemples tirés de l’expérience du réseau. Son exposé a mis en évidence un contraste entre des acquis juridiques réels et leur faible traduction dans l’espace numérique.

Le Bénin a adopté la loi n° 2021-11 du 20 décembre 2021 portant dispositions spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe des personnes et de protection de la femme. Ce texte réprime notamment le harcèlement sexuel et les violences aggravées commises contre les femmes et les filles. L’Institut national de la femme, créé en 2021, accompagne les victimes et peut se constituer partie civile à leurs côtés (République du Bénin, 2021).

La loi n° 2017-20 du 20 avril 2018 portant code du numérique sanctionne par ailleurs le harcèlement par voie électronique. Plusieurs organisations relèvent cependant que certaines de ses dispositions, formulées en termes larges, ont surtout servi à poursuivre des journalistes et des voix critiques (MFWA, 2022 ; Amnesty International, 2022). Un instrument censé protéger les femmes en ligne peut ainsi restreindre l’espace civique dont elles ont besoin pour se défendre. Depuis 2021, des femmes des médias ont commencé à dénoncer publiquement le harcèlement sexuel dans leur secteur, au prix d’une exposition accrue. Pour le RFLD, l’enjeu est double : faire connaître la loi de 2021 et former policiers, magistrats et travailleurs sociaux au traitement diligent des plaintes pour violence numérique.

Photos 4 et 5 : Délégation béninoise : Dr Sandrine Chikou et John Gbenagnon (RFLD), et l’auteur

Délégation béninoise du RFLD à la table du panel sur la violence numérique, Dakar, 15 octobre 2026
Adandé Barthélémy OTOLORIN, chargé des programmes d'EAH Bien-Être, à Dakar

Source : mission EAH Bien-Être, Dakar, 15 octobre 2026.

2.4. Un cadre normatif africain réel mais inégalement appliqué

Le système africain des droits de l’homme a construit, en deux décennies, un ensemble de normes applicables à la violence numérique faite aux femmes. Le tableau 2 en récapitule les principaux éléments.

Tableau 2 : Instruments africains applicables à la violence numérique contre les femmes défenseures

InstrumentAnnéeApportLimite
Protocole de Maputo2003Définit la violence comme incluant les préjudices psychologiques et économiques ainsi que leurs menacesAntérieur à l’essor des réseaux sociaux
Résolution CADHP/Rés.336 sur les femmes défenseures2016Reconnaît les risques propres aux femmes défenseuresFaible appropriation nationale
Déclaration de Cotonou sur les défenseurs2017Étend la protection à tous les défenseurs, en ligne comme hors lignePortée non contraignante
Convention de Malabo2014 (en vigueur le 8 juin 2023)Protection des données et lutte contre la cybercriminalitéRatifications lentes, absence de volet genre
Résolution CADHP/Rés.5222022Élargit la VBG au cyberharcèlement et aux discours de haine sexistes ; appelle à la rechercheMise en œuvre inégale
Résolution CADHP/Rés.5912024Lance une étude continentale sur la violence numérique contre les femmesÉtude en cours

Source : compilation de l’auteur à partir des textes de l’Union africaine et de la CADHP.

La Résolution 522, adoptée lors de la 72e session ordinaire (juillet-août 2022), constitue le texte de référence. Elle constate que la majorité des femmes connectées ont subi une forme de harcèlement et que les cadres juridiques nationaux demeurent lacunaires. Elle invite les États à incriminer la violence numérique, à adopter des politiques centrées sur les victimes, à sensibiliser les garçons et les hommes et à réduire la fracture numérique de genre (CADHP, 2022 ; Dube, 2024). L’écart entre ces engagements et la situation vécue par les femmes justifie, selon les participants, la création d’un cadre régional dédié.

3. DISCUSSION : PRÉVENIR DANS LE CONTEXTE AFRICAIN

La prévention doit tenir compte de réalités propres au continent : téléphones souvent partagés au sein du foyer, place dominante de Facebook et de WhatsApp, faible modération des contenus en langues locales et accès limité aux services spécialisés hors des capitales. Quatre niveaux de responsabilité se dégagent des échanges et de la littérature.

3.1. La responsabilité des États

Conformément à la Résolution 522, les États devraient intégrer expressément la violence numérique dans leurs lois relatives aux violences basées sur le genre et réviser les dispositions trop larges de leurs codes du numérique, afin qu’elles protègent les femmes sans servir à museler les défenseures. La formation des policiers, des magistrats et des agents sociaux à la réception des plaintes et à la conservation des preuves numériques s’impose également. La ratification de la Convention de Malabo, la création d’unités de lutte contre la cyber-criminalité dotées de points focaux genre et l’introduction de la violence en ligne dans les enquêtes statistiques nationales complètent ce volet.

3.2. Les plateformes et les opérateurs

Les entreprises du numérique devraient traiter en priorité les signalements de diffusion d’images intimes et de menaces, dans des délais rendus publics. Elles devraient aussi investir dans la modération en wolof, fon, yoruba, haoussa, swahili et autres langues africaines, établir des canaux de signalement directs avec les organisations de défense des droits et publier des rapports de transparence ventilés par pays.

3.3. La société civile

Les organisations de la société civile ont un rôle de documentation, d’accompagnement et de mobilisation. Il leur revient de recenser les cas selon des protocoles communs à l’échelle régionale, afin d’alimenter l’étude prévue par la Résolution 591, d’offrir un appui juridique, psychologique et technique aux victimes, de diffuser l’information juridique par les radios communautaires et dans les langues locales, et d’associer les hommes, les garçons ainsi que les autorités religieuses et traditionnelles à la sensibilisation.

3.4. Les pratiques individuelles de sécurité

Pour les femmes défenseures elles-mêmes, plusieurs mesures simples réduisent l’exposition :

  • séparer le numéro professionnel du numéro privé, comme le recommande le Rapporteur spécial ;
  • activer la double authentification sur la messagerie, les réseaux sociaux et le courriel ;
  • limiter la publication d’informations de localisation et de photographies de proches ;
  • conserver les preuves (captures datées, liens) avant tout signalement ;
  • s’appuyer sur un réseau de confiance pour donner l’alerte rapidement ;
  • préserver des temps de déconnexion, pour la sécurité comme pour la santé mentale.

3.5. Vers un cadre régional dédié

Les débats ont esquissé un cadre régional reposant sur l’expérience de mise en réseau du Vance Center et sur l’implantation du RFLD dans plusieurs pays. Trois piliers en ressortent. Le premier est un réseau d’alerte et de solidarité, permettant à une femme menacée au Bénin, au Sénégal ou en Gambie de mobiliser en quelques heures juristes, experts en sécurité numérique et accompagnement psychosocial. Le deuxième est une passerelle vers les mécanismes de la CADHP, grâce à laquelle les cas documentés parviennent aux deux rapporteurs spéciaux sous forme d’appels urgents, de communications ou de contributions à l’examen des rapports des États. Le troisième est une base de connaissances partagée, fondée sur des données comparables d’un pays à l’autre, indispensable pour mesurer les progrès.

CONCLUSION

Le panel de Dakar confirme l’hypothèse de départ. La violence numérique contre les femmes défenseures est désormais bien documentée en Afrique et le continent dispose d’un socle normatif substantiel ; c’est la mise en œuvre qui fait défaut. Le cas du Bénin montre qu’une législation avancée sur les violences de genre ne suffit pas lorsqu’elle n’est pas prolongée dans l’espace numérique et que d’autres textes peuvent être retournés contre la liberté d’expression.

Quarante ans après l’entrée en vigueur de la Charte africaine, les droits qu’elle garantit doivent s’appliquer pleinement en ligne. Pour les femmes défenseures, l’espace numérique est devenu le principal terrain de leur engagement et, souvent, le premier lieu de leur exposition. La mise en place d’un cadre régional dédié, appuyé sur des données nationales fiables, dont le Bénin doit se doter, constitue la prochaine étape d’un agenda que la société civile entend porter dès les prochaines sessions de la Commission.

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Note sur l’auteur

Adandé Barthélémy OTOLORIN est défenseur des droits humains au Bénin, expert en développement local et territorial et spécialiste en sciences de l’éducation et de la formation. Il est chargé des programmes de l’ONG Environnement et Actions Humanitaires pour le Bien-Être (EAH Bien-Être), basée à Adjarra (Bénin).

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