À Dakar, la société civile béninoise prend place au cœur du système africain des droits humains

Adandé Barthélémy OTOLORIN, chargé des programmes d'EAH Bien-Être, aux côtés d'un participant de la société civile dans la salle de la 89e session de la CADHP à Dakar

Invité par le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), Adandé Barthélémy OTOLORIN, chargé des programmes de l’ONG EAH Bien-Être, participe à la 89e Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ouverte ce lundi au King Fahd Palace. Une session placée sous le signe des quarante ans de la Charte africaine, et une tribune pour porter, depuis Adjarra jusqu’à Dakar, les combats de la dignité humaine.

Par la Cellule communication de l’EAH Bien-Être, avec son envoyé spécial à Dakar

Les projecteurs de l’Afrique des droits humains sont braqués sur Dakar. Depuis ce lundi 12 octobre 2026, la capitale sénégalaise accueille la partie publique de la 89e Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Les travaux se déroulent au King Fahd Palace jusqu’au 21 octobre, en format hybride : la session privée s’est tenue en ligne du 21 septembre au 1er octobre, tandis que la session publique réunit les participants en présentiel et est retransmise en direct sur la chaîne YouTube de la Commission.

Dans les couloirs comme dans la salle plénière, le constat est le même : ce rendez-vous dépasse le cadre d’une session ordinaire. Plus de 1 400 délégués, représentant les 54 États parties à la Charte africaine, sont attendus à Dakar. Parmi eux, une présence que l’on aurait tort de sous-estimer : celle des organisations de la société civile, qui font vivre au quotidien, sur le terrain, les droits proclamés dans les textes.

Une session au parfum d’anniversaire

Le calendrier donne à cette session une résonance particulière. Elle coïncide avec le quarantième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le 21 octobre 1986, date devenue depuis la Journée africaine des droits de l’homme. La cérémonie de clôture, fixée au mercredi 21 octobre, tombera donc précisément le jour de cet anniversaire. Un symbole fort pour une Commission qui, depuis sa création, s’est imposée comme la gardienne de ce texte fondateur.

Le choix de Dakar n’est pas anodin non plus. Le Sénégal revendique une contribution historique à l’élaboration de la Charte, à travers des figures comme le président Léopold Sédar Senghor et le juriste Kéba Mbaye. La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous le haut patronage du ministre de la justice, et du président de la CADHP, Idrissa Sow.

Au menu des travaux : l’examen des rapports périodiques de quatre États sur la mise en œuvre de leurs engagements, les échanges sur la coopération entre la Commission, les organisations non gouvernementales et les institutions nationales des droits de l’homme, ainsi que l’examen des demandes de statut d’observateur déposées par des ONG. Autant de points qui concernent directement les acteurs de la société civile.

« Les droits proclamés à Dakar ne valent que par ce qu’ils changent dans la vie des communautés. »

L’invitation du RFLD : la société civile au cœur du dispositif

C’est à l’invitation du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) qu’Adandé Barthélémy OTOLORIN a rejoint la capitale sénégalaise. Par une lettre datée du 9 septembre 2026 et signée de sa représentante-pays, Mme Bathor SECK, le RFLD qui bénéficie du statut d’observateur auprès de la CADHP a convié le chargé des programmes de l’EAH Bien-Être à prendre part aux activités qu’il organise en marge de la session.

Le réseau y salue l’expertise de l’invité et son engagement constant en faveur de la dignité humaine. Le programme proposé s’articule autour de deux temps forts :

  • Le Forum des ONG (8 au 10 octobre 2026) : un espace stratégique de plaidoyer, de réseautage et d’échanges sur la situation des droits humains sur le continent, qui a précédé l’ouverture officielle de la session.
  • Les activités connexes et panels thématiques (12 au 21 octobre 2026) : organisés tout au long de la session de la Commission, ils portent spécifiquement sur la justice, l’égalité de genre, la protection des droits humains et l’élimination des violences basées sur le genre.

Pour le RFLD, l’enjeu est clair : croiser les perspectives régionales et faire émerger de nouvelles synergies d’action face aux défis actuels des droits humains en Afrique. Une démarche qui trouve un écho naturel dans le partenariat qui lie le réseau à l’EAH Bien-Être.

Fac-similé de la lettre d'invitation du RFLD (réf. SEC/RFLD 015 du 9 septembre 2026)

Fac-similé de la lettre d’invitation du RFLD (réf. SEC/RFLD 015 – 09/09/2026).

REPÈRES

Événement : 89e Session ordinaire de la CADHP

Lieu : King Fahd Palace, Dakar (Sénégal)

Session publique : 12 – 21 octobre 2026, format hybride

Forum des ONG : 8 – 10 octobre 2026

Participants attendus : plus de 1 400 délégués, 54 États parties

Symbole : 40 ans de l’entrée en vigueur de la Charte africaine (21 octobre 1986)

Organisation invitante : RFLD, observateur auprès de la CADHP

Délégué : Adandé Barthélémy OTOLORIN, chargé des programmes, EAH Bien-Être

EAH Bien-Être : d’Adjarra à la tribune continentale

Portrait d'Adandé Barthélémy OTOLORIN, chargé des programmes d'EAH Bien-Être

Adandé Barthélémy OTOLORIN

Chargé des programmes d’EAH Bien-Être, envoyé en mission à Dakar

Basée à Adjarra, dans le département de l’Ouémé, au sud-est de la République du Bénin, l’ONG Environnement et Actions Humanitaires pour le Bien-être (EAH Bien-Être) a fait du bien-être des populations le fil conducteur de son action. Environnement, action humanitaire, droits humains, gouvernance : ses champs d’intervention se rejoignent autour d’une même conviction : il n’y a pas de développement durable sans respect de la dignité de chacun.

Au sein de l’organisation, Adandé Barthélémy OTOLORIN occupe le poste de chargé des programmes. À ce titre, il conçoit, coordonne et suit les initiatives de l’ONG sur le terrain. Sa présence à Dakar prolonge cet engagement : il s’agit de relier les réalités vécues dans les communautés béninoises aux mécanismes continentaux chargés de protéger les droits.

L’EAH Bien-Être n’arrive pas seule à Dakar. Elle est une ONG sœur du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement, une organisation présente au Bénin, au Sénégal, au Ghana, en Gambie et aux États-Unis. Ce compagnonnage donne à l’ONG béninoise un ancrage régional précieux : il lui ouvre l’accès aux espaces de plaidoyer du système africain des droits humains, tout en enrichissant le réseau de l’expérience de terrain accumulée en Ouémé.

Ce partenariat se traduit déjà par des actions concrètes. Au Bénin, l’EAH Bien-Être conduit le projet NAFASI (« l’espace » en swahili), consacré à une démocratie numérique durable, au sein d’une coalition qui associe notamment Magamba, DefendDefenders et le RFLD, avec l’appui de la coopération suédoise. Garantir les droits numériques et renforcer la résilience de l’espace civique : ces préoccupations rejoignent directement les débats de la session de Dakar.

Les enjeux que porte la mission

Au fil des panels thématiques de la session, l’envoyé de l’EAH Bien-Être entend faire entendre plusieurs priorités, en cohérence avec l’action de l’ONG et les thématiques retenues par le RFLD :

  • L’égalité de genre et la lutte contre les violences basées sur le genre. Ces violences demeurent l’une des atteintes les plus répandues aux droits humains sur le continent. Elles exigent des réponses coordonnées, de la prévention à l’accompagnement des survivantes, et une mobilisation des hommes comme des femmes.
  • L’accès à la justice. Un droit n’a de valeur que s’il peut être défendu. Rapprocher la justice des populations rurales et des groupes vulnérables reste un défi majeur, au Bénin comme ailleurs.
  • La protection de l’espace civique et des défenseurs. Dans un environnement où les libertés s’exercent de plus en plus en ligne, la protection des droits numériques devient une composante à part entière de la protection des droits humains.
  • Le lien entre environnement et droits humains. Fidèle à son identité, l’EAH Bien-Être rappelle que la dégradation du cadre de vie frappe d’abord les plus vulnérables, et que le droit à un environnement satisfaisant est inscrit dans la Charte africaine elle-même.

LA CADHP EN BREF

Instituée par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée en 1981 et entrée en vigueur en 1986, la Commission africaine est l’organe de l’Union africaine chargé de promouvoir et de protéger les droits humains sur le continent. Elle examine les rapports des États, reçoit des communications, adopte des résolutions et travaille en étroite relation avec les ONG dotées du statut d’observateur, comme le RFLD, et les institutions nationales des droits de l’homme. Son siège est à Banjul, en Gambie.

Pourquoi la voix de la société civile compte

Le système africain des droits humains repose sur un équilibre subtil. D’un côté, les États rendent compte de leurs engagements à travers leurs rapports périodiques. De l’autre, la Commission a besoin d’informations indépendantes pour apprécier la situation réelle sur le terrain. C’est précisément là qu’interviennent les organisations de la société civile : leurs observations, leurs données et leurs témoignages permettent de confronter les déclarations officielles à la réalité vécue par les populations.

Les ONG jouent également un rôle d’alerte. Elles signalent les situations préoccupantes, proposent des pistes de résolutions et contribuent à faire évoluer la jurisprudence et la doctrine de la Commission. Le statut d’observateur, dont bénéficie le RFLD, leur ouvre l’accès aux sessions publiques et leur permet d’y prendre la parole. En s’appuyant sur ce dispositif, des organisations plus petites, ancrées localement comme l’EAH Bien-Être, trouvent un relais pour faire entendre les préoccupations de leurs communautés.

Enfin, la société civile est le chaînon indispensable entre Dakar et les villages. Les décisions, observations finales et résolutions adoptées par la Commission n’ont d’effet que si elles sont connues, comprises et suivies. Les ONG assurent ce travail de vulgarisation et de suivi auprès des autorités nationales et des populations : c’est tout le sens de la mission confiée à l’envoyé de l’EAH Bien-Être.

Plaidoyer, réseaux, restitution : ce que Dakar doit rapporter

Une participation à une session de la CADHP ne se résume pas à une présence dans une salle. Pour l’EAH Bien-Être, la mission de Dakar poursuit trois objectifs concrets.

Le premier est le plaidoyer : profiter des panels et des échanges en marge des travaux pour faire connaître les réalités du terrain béninois et les solutions expérimentées par la société civile locale.

Le deuxième est le réseautage : rencontrer des organisations sœurs, des experts et des partenaires techniques et financiers, afin d’identifier de nouvelles synergies d’action et de futures collaborations à l’échelle régionale.

Le troisième, sans doute le plus important, est la restitution : de retour au Bénin, les enseignements, contacts et recommandations recueillis à Dakar seront partagés avec les équipes de l’ONG, les partenaires et les communautés d’Adjarra et de l’Ouémé. C’est à cette condition que la voix portée à Dakar se transformera en action sur le terrain.

Conclusion : une voix béninoise dans le concert africain

Quarante ans après l’entrée en vigueur de la Charte africaine, la 89e Session de la CADHP rappelle une évidence : les droits humains ne se construisent pas seulement dans les chancelleries, mais aussi et surtout avec celles et ceux qui les défendent au plus près des populations. En répondant à l’invitation du RFLD, l’EAH Bien-Être et son chargé des programmes, Adandé Barthélémy OTOLORIN, inscrivent l’engagement d’une ONG d’Adjarra dans le grand mouvement continental pour la dignité humaine.

Jusqu’au 21 octobre, Dakar sera le cœur battant de ce mouvement. L’EAH Bien-Être y sera présente, attentive et active avec la ferme intention de rapporter au Bénin bien plus qu’un badge vert : des alliances, des idées et un élan renouvelé au service des communautés.

Contact : EAH Bien-Être, Adjarra, département de l’Ouémé, République du Bénin.

Sources : RFLD, lettre d’invitation, réf. SEC/RFLD 015, 9 septembre 2026 ; CADHP, « Avis public : 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples », 5 août 2026, achpr.au.int ; Dakaractu, « Droits humains : Dakar accueille la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples », 9 octobre 2026.

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